Mon expérience toute personnelle m'incite à penser que je fais partie de ceux à qui le SM est apparu derrière l'écran, à force de fouiller au plus profond de de moi dans un premier temps, puis de ma compagne dans le même mouvement. Accepter la douleur par exemple, ce peut être aussi réagir contre la disymétrisation arbitraire de nos sensations via les idéaux qui circulent. Les dernières recherches en matière de neurologie décrivent les états du cerveau comme une panoplie de cartographies différentes. Depuis les sensations de douleur jusqu'à celles de plaisir, toutes ces cartographies ont la même pondération. Fuir la douleur comme il semble qu'on le fasse actuellement en occident revient pour moi au même arbitraire que de décider soudainement de ne plus voir le rouge !
La plus petite des formes d'organisation sur cette terre est déjà extrêmement compliquée. C'est dire à quel point chaque individu recèle des richesses insoupçonnées. Investir dans la découverte de ces richesses procure non seulement beaucoup de plaisir à l'aventurier, mais également permet d'atteindre un niveau de perception souvent radicalement opposé à celui proposé par les idées galvaudées et qui apporte lui, le bien être au quotidien. Par exemple il est un fait quasi établi par le plus grand nombre que la passion et l'amour ne résiste pas à la répétition, au quotidien, au temps. Dans une relation d'amour extrême telle que décrite ici, on constate au contraire que l'amour grandit avec le temps et que comme un certain nombre de choses, on ne peut pas prendre de raccourcis.
Quel est le sens de la vie ? On arrive sur cette terre pour un certain nombre d'années, il n'y avait de nous presque rien avant et il n'y aura selon toute vraisemblance plus rien après. Qu'est-ce qui donne du sens à sa propre vie ? Ma réponse toute personnelle est l'Amour. L'Amour qui englobe certes le sexe et la libido, mais qui ne s'y cantonne pas. On peut rencontrer de temps en temps quelques vieilles ou très vieilles personnes que la libido a presque quittées et qui pourtant continuent à s'épanouir dans ce type de relations, bien loin de la tristement célèbre solitude. J'ai l'impression que l'étude extrême de soi et de l'Autre mène le plus souvent à des pratiques extrêmes.
Dans ce contexte bien sûr on a du mal à appréhender l'alternative autrement que comme un jeu de rôle. Si elle se voulait fondamentale, cela ne voudrait-il pas dire qu'au fond de soi cohabitent deux êtres fondamentalement différents ? Schizo ou pas schizo ? sourire |