Je rejoins votre analyse….j’ai connaissance de la taille du sexe d’un homme et de ses « performances » avant même de connaître le son de sa voix. Je sais s’il fume, s’il est divorcé, s’il est bac +5, s’il habite Garges les Gonesses, s’il parle russe ou chinois. Ici, je connais ses pratiques sexuelles avant même de savoir s’il met du sucre dans son café, et il m demande si je suis bi avant de me dire bonjour. On est dans une hyper consommation de « profils » de « pseudos », de « dominants », de « soumises », on feuillette ces fichiers d’individus, avec une étiquettes code barre collées à des caractéristiques déshumanisées. Chacun se raconte, étale son intimité dans la lumière la plus crue, quitte ensuite à crier à l’ingérence quand quelqu’un émet un avis. Mais qu’importe, c’est une sorte de « norme », Internet est le royaume de la découverte, mais aussi de l’obscène, de l’exhibition et du voyeurisme. Puisqu’ici, il s’agit d’une communauté « sm », on se met en tête qu’on veut une femme soumise et chienne, salope et classe, indépendante mais servile, mince jeune et belle (mais si ca existe !!!) ou un homme responsable, dominant dans la vie, dans l’amour, beau, bien monté, imaginatif, célibataire (ces hommes mariés..tous des salauds.. !), amoureux…(ah…l’amuuuur..) Tout cela sans se rendre compte que c’est de l’utopie. La recherche d’un mouton à cinq pattes qui n’apparaitra jamais. On accumule les recherches, parfois les rencontres, mais aussi les stéréotypes, les cases, et on passe à côté de celui ou celle dont un item n’est pas coché mais qui pourrait se révéler être une perle dans la vie « normale ». Vous évoquez les effets pernicieux de ces sites, mais ceux-ci ne se prolongent ils pas au-delà ? Quelles sont les relations dont nous sommes capables aujourd’hui ?
|