| Forum : Qu'est ce que la domination? |
| Sujet : re:Qu | Lu : 227 |
| Pseudo : M Louis | Date : 25/08/2005 15:03:20 |
J'arrive un peu tard mais cette problématique m'intéresse beaucoup et j'aimerais y participer.
Je me suis souvent demandé "ce qui pouvait bien faire le/la soumis/e (s), le/la dominant/e (D)". Il m'apparaît aujourd'hui que cette question est trop ambitieuse - tout au moins si la réponse doit tenir en une dizaine de lignes - mais sa restriction aux dominants et aux hommes seuls décomplexifie un peu le sujet.
Tout d'abord il apparaît presque évident que ce qui fait le D sont les réactions de son entourage. On a appris à vivre dans un certain cadre, on en a appris les règles du jeu et si on les applique, intuitivement ou par l'apprentissage, alors on est dominant dans le sens où on voit plus loin, on est plus calme, on est moins la tête dans le guidon, on observe un espace plus élargi. Un professeur de stratégie d'entreprise dans une grande école préparant un Master d'Administration des Affaires disait ceci : "il n'y aura qu'une différence entre vous et les autres : vous connaîtrez la règle du jeu".
Pour en revenir à notre affaire, prenez votre D favoris et plongez le dans un monde qu'il ne connaît pas et dont il ne connaît pas les règles du jeu, et sauf dans les contes, il a toutes chances de ne plus passer pour un D. Jusqu'à ce qu'enfin il réapprenne ou réintuite les règles. D rimerait-il avec capacité d'adaptation ?
Bref, ce qui fait donc le D en dehors du jeu de rôle c'est en fin de compte le s. Cela a été dit des milliers de fois, mais cela m'apparaît aujourd'hui totalement limpide. Et c'est finalement probablement ce qui fait la spécificité de la relation D/s. On dépasse le cadre du Dieux qui façonne sa glaise ( de l'artiste qui en dehors des peintres d'Edgar Poe n'entretiennent qu'une relation restreinte avec leur supports) et on aboutit à un plus réaliste (en terme de relations humaines) et à mon sens plus passionnant échange : comme le souligne Anahita : un échange de pouvoir. Les anglo-saxons affectionnent d'ailleurs ce terme beaucoup plus que nous.
Si l'on croit à ceci, la question se reformulerait alors : "qu'est-ce qui fait le dominant (chez l'homme) pour une soumise" ? Et c'est bien la raison pour laquelle Christophe s'adressait aux femmes soumises. A partir de là on ne fait pas l'économie de la réflexion sur ce qui fait une femme soumise. Et comme il a été dit, il y aurait probablement autant de D possibles que de s. A moins que l'on essaye de trouver des tendances, des grandes catégories sur la manière de réagir des femmes (soumises ou non). Mais là encore cela semble un travail titanèsque puisque comme le souligne aussi Christophe, la presse spécialisée féminine s'y casse les dents depuis des lustres - elle en fait d'ailleurs ses choux gras...
Alors que reste-t-il ? Peut-être des choses plus fines. Comme le besoin de fantasmer et intellectualiser sans arrêt. Besoin viscéral d'expérimenter. Celui qui donne l'impulsion au démarrage d'un cycle : il est nécessaire au départ et n'est plus identifiable en tant que tel ensuite... |
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