Ma petite expérience en matière de bondage et les connaissances que j'ai pu acquérir au travers de la pratique de cette activité, de mes lectures et de ma participation à divers forums anglo-saxons me poussent à vous faire part de quelques petits commentaires sur l'ensemble des messages lus au travers de cette discussion qui a lentement dérivé vers des rivages fort éloignés de ceux d'origine (notre lanceur de débat a d'ailleurs essayé de recentrer le sujet, mais sans succès). Sans entrer dans l'historique du bondage, je me permets de faire une petite rectification quant à ses origines. En aucun cas cette pratique n'a été développée pour tuer les gens ! Pendant longtemps, le Japon a manqué de fer et les articles en métal étaient rares et réservés à des utilisations très précises (les armes notamment). Dans ces conditions, il n'était pas envisageable de mettre les prisonniers dans des cages ou de les entraver avec des fers. A la place, on utilisait donc des cordes et du bois ou du bambou pour attacher les prisonniers et les retenir. Et comme les japonais sont des perfectionnistes, ils ont bien évidemment développé tout un art autour de cette activité. Les cordes servaient à attacher les prisonniers et à les mettre à la question, donc les torturer. Pour ce faire, il avait été établi plusieurs niveaux de torture liés à des types de bondages très précis. Sauf cas très exceptionnel, le responsable de l'interrogatoire ne devait pas laisser le prisonnier mourir. Il risquait d'ailleurs sa vie si celle de son prisonnier venait à prendre fin. A l'arrivée, quelques siècles plus tard, l'imaginaire SM des Japonais se nourrit d'images de corps entourés de cordes, fixés à des bambous, suspendus ... la où notre imaginaire occidental voit des donjons sombres avec des chaînes , des menottes et d'autres instruments moyenâgeux. 2 histoires, 2 cultures, 2 approches des jeux SM. Faut-il une relation SM pour pratiquer le bondage ? Un correspondant très expérimenté me faisait récemment part de sa vision du bondage dans la mentalité japonaise. Je vais tenter de vous résumer ses propos : selon lui, le bondage permet à la femme de se libérer du carcan des préjugés qui restent encore très forts dans la société japonaise. Ainsi, entièrement attachée, exposée, offerte, la femme n'est plus responsable de sa conduite et peut se laisser totalement aller à son plaisir. De son coté, l'agressivité de l'homme est canalisée par les cordes et il en finit par mieux respecter le corps de sa partenaire, tout en continuant à la dominer physiquement. Le bondage est donc un jeu sexuel dans lequel les 2 partenaires trouvent leur avantage. Je trouve cette vision des choses assez intéressante et elle correspond sûrement à une réalité, du moins auprès de certains pratiquants. Personnellement, en simplifiant beaucoup les choses, j'aborde le bondage de 4 façons différentes selon le partenaire, le moment et le lieu : - dans une optique de mise en valeur du corps de mon modèle (approche esthétique/érotique) - dans une optique de réalisation d'une prouesse technique (approche technique/esthétique) - dans une optique d'humiliation (approche SM/érotique) - dans une optique de contrainte pure (approche SM) Voila pourquoi, même si j'ai des préférences, je réalise des bondages tant sur des soumises, que des soumis, ... que des Doms. Le bondage est-il un art ? Vaste question qui mériterait un long développement ... que je ne vous imposerai pas (ni à moi-même surtout !). Je poserai simplement quelques questions et vous fournirai mes réponses pour arriver à ma conclusion (libre à vous de ne pas être de mon avis, bien évidemment). - A-t-on besoin de connaître des bases ? -> oui - Tous les bondageurs se valent-ils ? -> non et de loin - S'améliore-t-on par la pratique ? -> assurément - Peut-on faire des créations personnelles ? -> oui et 2 questions subsidiaires : - Quelle est l'origine du mot art ? -> le mot art vient du latin ars (habileté, métier, connaissance technique). - Qu'est-ce que l'art ? -> l'art est considéré comme une pratique en vue de la production d'oeuvres susceptibles d'exprimer un idéal esthétique. Alors le bondage, un art ou pas ? Ma réponse est sans hésitation oui ... mais avec un petit "a"... Merci de votre attention et bons jeux à tous. Corde ... ialement. Gilles |