Je n'étais nullement un virtuose de cet art qu'est le bondage, ou le Shibari si l'on veut être puriste ... Je me souviens avoir céder les rênes un soir chez Pascal à un homme qui semblait plus avisé, et je du ravaler ma hargne et ma colère envers lui, lorsque je vis celle qui m'appartient, saisie de vertige et de volupté entre ses doigts étrangers mais maniant si bien les cordes. Des lors, je n’ai eu de cesse d’apprendre, de me renseigner, de pratiquer, d’imaginer en m’endormant une corde formant une boucle ou un croisement (car nul nœud) à un niveau de son corps capable de le mettre en valeur (le corps, pas la corde …). C’est une discipline asiatique : A ce titre, elle réclame confiance, temps, énergie mutuelle, désir confondu, pour l’un de créer, pour l’autre d’être glorifiée. La gestuelle est loin d’être évidente, surtout avec des cordes de 20 mètres, mais l’attention doit toujours être portée au sujet : pression de la corde sur les membres, « atemis » (points vitaux) à éviter, temps de soumission à ce traitement, mais également douceur dans l’accompagnement, légèreté et tendresse lors de la libération, capacité pour le « saucissonneur » de savoir mettre en scène une délivrance des plus sensorielles pour ne pas dire sensitives, tant le vertige, voire parfois le vomissement guettent si tout n’est pas mis en œuvre… Personnellement, je pratique le bondage contraignant, mais je demeure confondu d’extase devant les variations purement esthétiques que pratique occasionnellement ma compagne soumise. Et puisqu’il faut ceindre le cercle, comment imaginer qu’une personne non soumise, n’ayant aucune attirance de près ou de loin pour ces jeux extrêmement cérébraux, ne soit pas un minimum soumise ??
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