Vous avez raison, Muriel, sur un point. Ce qui compte, c'est l'endroit d'où on parle, au moins autant sinon plus que ce que l'on dit (qui peut être maladroit). Peu de soumises, dites-vous, se sont exprimées. Leur laisse était peut-être trop courte pour qu'elles puissent arriver jusqu'au clavier. Il me semble pourtant que quelques femmes ni dommes ni fesseuses (coucou Manon !) ont donné leur sentiment.
Cette mise au point faite, je vous lis et je m'éloigne du consensus. Vous parlez de "Dominant" qui ci et ça. Oui, dans un monde idéal. Mais nous ne vivons pas dans un monde idéal. Les "soumises" et les "dominants" ne sont pas forcément équipés d'un cerveau en état de marche.
Je ne sais pas ce qu'est un mode soumission dès la première rencontre et particulièrement après un petit mois de clavardage et de téléphone. Je crois juste que pour une première rencontre, il y a tout juste le minimum syndical de confiance. Et que, sauf fusion parfaite, osmose extraordinaire, état de grâce sublime (ça arrive, si, si, j'y étais), les premières fois sont relativement non point ratées mais réservées, chacun, et en tous cas la soumise (ou maso, ou bottom comme disent les anglois) et son cerveau, sont (*doivent être*) sans cesse aux aguets. C'est un peu comme la pilule, sauf contr'ordre médical, je me fais infiniment plus confiance en matière de contraception qu'à n'importe quel homme. Parce que c'est *mon* ventre. Et dans un rapport bdsm and Co, même une baise vanille d'ailleurs, c'est la même chose. C'est *mon* corps, et on n'est jamais mieux servie que par soi-même.
Le "fais-moi confiance" du dom auto-proclamé me fait diablement penser à celui du serpent dans le livre de la jungle. Pour un homme de confiance, il n'est point besoin de l'affirmer. Ce serait tautologique. Tiens, clin d'oeil à Audiard, l'homme à qui on peut faire confiance ne parle pas de faire confiance, c'est à ça qu'on le reconnaît.
Et encore une fois, ne connaissant qu'une version des faits, et surtout, ne connaissant aucun des deux protagonistes, je me garderai bien de prendre parti pour l'un ou pour l'autre, donc je m'excepte de ceux dont vous dites qu'ils ont choisi leur camp.
BàB |