"La" sociologie, ou plutôt "une" certaine sociologie - celle qui est soumise à son Dom des Dom, j'ai nommé Pierre Bourdieu - ne démord pas du concept "dominant-dominé". Si cela peut paraître politiquement correct, s'en réclamer pour analyser toutes les tranches de la société et de certaines sociétés ou communautés, s'en réclamer à tout bout de champ devient vite réducteur.
En mal de champ de bataille, "cette" sociologie tente d'explorer (questionnaire stéréotypé en main, et enquête soigneusement criblée par les nombreux guides des non moins nombreux sociologues) depuis un certain temps, le "monde du bdsm". La tentation est trop grande de frapper à la porte du mot « domination », et de faire du duo dominant-soumis, un duo dominant-dominé où ne se jouerait que la partition du pouvoir. Quel pouvoir ? Si ce n’est l’argent, c’est donc son frère sociologiquement parlant ; le sexe ! Des sociologues déguisés en dominants (tiens, au fait, c'est curieux, il n'y en a pas un pour oser jouer le rôle du soumis ou de la soumise) infiltrent des scènes de second ordre. Là, il est vite fait de confondre libertinage et bdsm; encore plus vite fait de nouer des contacts avec des "enquêtés" qui n'ont su démasquer l'intrus!
Le thésard, écrivain en puissance repart avec ses "tranches de vie". Par ce biais ... et via cette baise par la même occasion ... ayant atteint la cote réglementaire de témoignages, il se voit confronté à "construire son objet" (c'est le terme consacré !). Mais le dit objet tourne autour d'un drôle de pot pourri ; celui du sexe. Et là ... ça chatouille tout sociologue bien pensant, car il va falloir faire une incursion vers la psychanalyse, bête noire de « cette » sociologie. Et on ne parle pas plus de psychanalyse que de bdsm, sans avoir pratiqué ; mais c'est là que le bât blesse! Et la trilogie Freud-Lacan-Jung ne s'avale pas comme celle du samedi soir ! Du coup, le pouvoir du sexe qui serait l’enjeu du dominant-soumis (assimilé au dominant-dominé) est matraqué à coup de « phallus » (érigé en concept psychanalytique et non mesurable entre 15 et 20 cms !!!) , et la trilogie verge-pénis-phallus en prend un sacré coup en méconnaissance de cause !
Pour avoir été soumise à cette sociologie, et avoir viré ma cuti depuis, je me permets ici d’évoquer d’autres lectures qui peuvent faire avancer la pensée tout en remuant un peu l’âme : - Lacan, son séminaire l’Angoisse où on trouvera curieusement des pages étonnantes qui redonnent certaines lettres de noblesse à une perversion qui se démarque de la perversité. - David le Breton, un sociologue d’une autre trempe, qui a su écrire remarquablement sur le corps (L’Adieu au Corps qui met en lumière les enjeux de la relation au corps dans notre XXI° siècle occidental) et sur la Douleur (les masochistes en apprendront de belles …) - SCHURMANS Marie-Noëlle, DOMINICE Loraine, Le Coup de Foudre Amoureux, qui est un modèle du genre d’un objet sociologiquement analysé !
A quand un MLSR , mouvement de libération des sociologues repentis ? Surmission
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